L'art chinois
L’expression artistiques d’une civilisation étrangère, même très différentes de la nôtre, devrait constituer un objet de plaisir à la portée de tous.

En Chine, dès les temps les plus reculés, l’homme néolithique esquisse une ébauche esthétique qui transparaît dans la forme et la décoration de sa poterie. A une connaissance exacte des propriétés de l’argile viennent se joindre un sens des proportions et un don de la stylisation artistique chinoise.

Aux époques suivantes apparaît un art hiératique d’une durée et d’une qualité remarquables, principalement représenté par des vases coulés en bronze et des sculptures en jade. Il s’agit d’objets culturels dont les formes variées répondent chacune à des usages particuliers et dont les admirables motifs possèdent des significations symboliques. Grâce à eux, nous est transmis un aperçu très imagé d’une société rituelle. A la faveur e l’assouplissement de la domination théocratique et du développement de la société féodale à partir du Ier millénaire, les motifs sacrés ornant les vases de bronze deviennent des décorations pures, enrichies par de nouvelles techniques. Etant donné la fragilité des autres matériaux, bronzes, jades, laques et poteries ont seuls survécu : ils restent notre principale source d’information sur la manifestation de l‘art en Chine à l’âge du bronze. L’écriture, cependant, joue déjà un rôle important : les inscriptions font partie intégrante des objets coulés en bronze, quand elles ne sont pas taillées dans la pierre ou dans l’os. Différents styles d’écriture se dégagent en même temps que des idées de composition spatiale dans des inscriptions plus longues.

Dès l’apparition du pinceau, de l’encre et du papier au IIe siècle de notre ère, la calligraphie se profile comme un art majeur dont les critères esthétiques revêtent une importance capitale. Les peintres empreintes leur art aux calligraphes et commencent à s’en servir pour illustrer certains thèmes narratifs, mythiques ou historiques. Puis naît bientôt une forme poétique et suggestive, promise à un grand avenir, le paysage (en chinois « montagne et cours d’eau »), suivi, à une époque postérieure, par les peintures d’oiseaux et de fleurs. Intimement liés à la culture savante des milieux lettrés, les arts graphiques prennent en Chine un tel essor qu’ils détrônent toutes autres formes d’expression artistique et dominent une culture essentiellement littéraire. Sous ses diverses formes – narratives, décoratives ou romantiques-, la peinture est l’apanage à la fois de professionnels et de peintres lettrés. Cette distinction ne recouvre pas seulement des positions sociales différentes. Les professionnels, portraitistes et décorateurs de formation, réalisaient dans leur atelier un vaste éventail d’œuvres destinées aux demeures de riches particuliers, à des palais ou à des temples. Leur nom à rarement été consigné, d’autant que leurs œuvres ne trouvaient pas de collectionneurs pour les préserver soigneusement. Au contraire, le peintre lettré, membre d’une élite, parfois fonctionnaire de l’administration impériale, avait été formé à la calligraphie, art dont on aura pressenti les rapports étroit avec la peinture. Bien des lettrés s’adonnaient régulièrement à cet art fort prisé parmi eux. Ils ne vendaient pas leurs œuvres mais les montraient ou les donnaient à leurs amis. Ils tenaient tant à ne pas être confondus avec les peintres professionnels qu’ils affectaient parfois une certaine gaucherie afin de s’en distinguer. Les peintures avidement collectionnées par les connaisseurs provenaient principalement de ces sublimes amateurs. Dans ce milieu raffiné, dominé par des préoccupations littéraires et artistiques, le peintre lettré pratiquait une forme extrêmement dépouillé de peinture à l’encre, enrichi à l’occasion des formes et couleurs de l’artisanat local.

La sculpture a joué un moindre rôle en Chine et a progressé surtout avec le bouddhisme, dans les lieux de culte comme chez les particuliers.

D’une façon générale, les arts en Chine reflètent les changements de société, du néolithique au grand empire centralisé, en passant par les systèmes théocratique et féodal. Ils trouvèrent dans la peinture une forme privilégiée d’expression, qui, fécondée par une riche tradition littéraire, suscita à son tour d’incomparables réalisations dans le domaine de la calligraphie et des différents arts décoratifs.